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Communiqué de Marie-Claire Carrère-Gée à la suite de la publication du nombre des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi à la fin juin 2012

La progression du nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A, ininterrompue depuis mai 2011, se poursuit : il y a aujourd’hui 258 000 demandeurs d’emploi de plus qu’à la fin avril 2011. Cette progression est cohérente avec l’ensemble des autres indicateurs conjoncturels, qu’il s’agisse de la croissance au premier trimestre, des créations d’emploi, ou encore des prévisions d’évolution de la population active liée à la progression sensible de la démographie anticipée pour 2012.

L’ampleur de la hausse des inscrits en catégories A,B,C, de 48 400, est d’une ampleur très importante et qui n’avait pas observée depuis 2009.

Compte tenu de la forte hausse du nombre des demandeurs d’emploi de moins de trois mois (+ 46 900), la baisse de la part des demandeurs d’emploi inscrits depuis plus d’un an et de l’ancienneté sur les listes ne peuvent malheureusement être interprétées positivement.

Les entrées au chômage sont au niveau le plus haut depuis fin 2009.

A cet égard, on note une forte hausse des premières entrées sur le marché du travail (+15,5%, soit près de 4 000), ainsi qu’une légère remontée des entrées à Pôle emploi pour reprises d’activité. Ces évolutions confirment celles qui ont été enregistrées depuis le début de la crise en France, avec à la fois une augmentation de la population active et une augmentation des taux d’emploi qui ont naturellement eu un impact sur les chiffres du chômage.

Les sorties de Pôle emploi sont globalement stables. Il convient cependant de noter une hausse des reprises d’emploi déclarées (+2,9% sur un mois, à comparer avec une variation sur un an de moins 4,7%). Les reprises d’emploi déclarées avaient atteint le mois dernier leur niveau le plus bas depuis le plus fort de la crise (décembre 2008-mai 2009).

Le nombre des entrées en stage baisse d’environ 5 000 (-10,3%), sans toutefois compenser la forte hausse (plus de 12 000) enregistrée le mois dernier et qui avait placé le nombre de personnes en stage à un niveau record, évolution inexpliquée à ce jour.

Les radiations, dont la volatilité est accrue depuis le milieu de l’année dernière, avec une ampleur très forte en avril 2012, sont en légère hausse sur un mois (+ 5,9%) et en hausse sensible depuis un an (+11,4%).

Marie-Claire CARRERE-GEE attire l’attention sur :
-  le niveau et la progression du chômage de longue et de très longue durée. Il y a aujourd’hui 1 685 000 demandeurs d’emploi de plus d’un an et le nombre de chômeurs de plus de 3 ans a progressé de 21,6% en un an pour s’établir à 460 000. Selon Marie-Claire CARRERE-GEE, cette situation, qui est en soi un drame social, constitue aussi une grave menace pour notre croissance potentielle. Elle rappelle les propositions faites par le Conseil d’Orientation pour l’Emploi dans ce domaine (création de contrats de professionnalisation de plus longue durée, aides à la mobilité pour reprise d’emploi, etc) ;
-  le niveau des contrats aidés : le Gouvernement a décidé d’augmenter le nombre d’entrées en contrats aidés pour le second semestre. Il s’agit d’une solution de court terme, mais indispensable compte tenu de la conjoncture. Elle aidera un nombre significatif de demandeurs d’emploi à ne pas rester trop durablement éloignés de l’emploi. A cet égard, Marie-Claire CARRERE-GEE attire l’attention sur la nécessité de surveiller, non seulement le flux d’entrées en contrats aidés, mais surtout le « stock » des contrats aidés en cours. Il baisse légèrement ce mois-ci (indicateur : demandeurs d’emploi en catégorie E) ;
-  le chômage des jeunes : Bien entendu, les jeunes en difficulté sur le marché du travail vont bénéficier de l’ouverture d’un plus grand nombre de contrats aidés, principalement dans le secteur non marchand, au second semestre. D’autres mesures ont été annoncées pour améliorer la situation des jeunes, et notamment le contrat de génération pour le secteur marchand. Leur contenu sera naturellement concerté. Il est toutefois regrettable, compte tenu des perspectives de l’emploi au second semestre, que l’exonération de charges pour les jeunes dans les TPE, mise en place à compter de février dernier et qui vient de prendre fin après cinq mois d’application, n’ait pas permis d’assurer la transition en attendant la mise en œuvre du contrat de génération.