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Le COE demande à François Fillon de faire de l’illettrisme la Grande cause nationale de l’année 2012

Monsieur le Premier ministre,

 

 

J’ai l’honneur de vous adresser le dernier rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi intitulé « Illettrisme et emploi ».

Au terme de ses travaux, le Conseil dresse un constat alarmant : trois millions de personnes sont en situation d’illettrisme aujourd’hui en France, chaque année de nouveaux jeunes arrivent sur le marché du travail sans maîtriser les savoirs de base, et les actions de remédiation sont trop peu nombreuses pour empêcher l’aggravation du problème.

Même si plus de la moitié des personnes en situation d’illettrisme ont un emploi, l’illettrisme constitue à l’évidence un obstacle pour accéder à l’emploi et s’y maintenir. C’est aussi un frein à la compétitivité de notre économie et à sa capacité à s’adapter à la concurrence mondiale toujours plus forte.

C’est donc une véritable politique nationale de lutte contre l’illettrisme que le Conseil appelle de ses vœux, une politique nationale qui mobilise tous les acteurs susceptibles d’intervenir, qui dispose de moyens en conséquence, et qui parvienne à détecter toutes les personnes concernées et à augmenter significativement le nombre des formations réalisées.

Dans ce cadre, tous les acteurs du marché du travail, réunis dans le COE, vous proposent de faire de la lutte contre l’illettrisme la Grande cause nationale de l’année 2012.

 

- Tout d’abord, pour affirmer que l’acquisition et l’entretien tout au long de la vie des savoirs fondamentaux - savoir lire, écrire, compter - constituent un droit de chaque citoyen. Une grande campagne de communication permettra de porter à la connaissance de toutes les personnes concernées les solutions de formation qui peuvent leur être proposées à proximité de leur domicile, et de montrer par des témoignages qu’il est possible de sortir d’une situation d’illettrisme.

 

- Ensuite parce que l’engagement des pouvoirs publics au plus haut niveau est seul de nature à briser le tabou qui entoure le traitement de l’illettrisme. Aujourd’hui bon nombre de personnes en situation d’illettrisme n’osent pas en parler, par honte, ou par peur d’être fragilisées dans leur emploi. Ce tabou contribue à entretenir l’illettrisme, voire à l’accentuer. Car si certains salariés en situation d’illettrisme n’ont jamais maîtrisé les savoirs de base, d’autres ont perdu ces savoirs au cours de leur vie professionnelle, faute de les avoir mis en pratique après la fin de leur scolarité. Afficher la lutte contre l’illettrisme comme une préoccupation nationale aidera à déculpabiliser les personnes concernées.

 

- Enfin, pour donner un nouvel élan à la lutte contre l’illettrisme, assurer une mobilisation de tous les acteurs, et engager de nouvelles actions qui soient véritablement à la hauteur des enjeux. Malgré les efforts de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme depuis dix ans pour sensibiliser les acteurs, étendre l’accès aux formations et diffuser les bonnes pratiques, les actions ne sont toujours pas suffisamment nombreuses pour empêcher l’augmentation du nombre de personnes illettrées. Il est donc urgent de faire de la lutte contre l’illettrisme une priorité nationale, tant au niveau de la formation initiale que de la formation professionnelle, et lui consacrer des moyens supplémentaires.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, mes respectueuses salutations.

 

                               

 Marie-Claire Carrère-Gée

 

 

Monsieur François FILLON

Premier ministre

Hôtel Matignon
57, rue de Varenne
75700 Paris SP 07