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Communiqué de presse : Synthèse et présentation des résultats de l’enquête COE/TNS Sofres "Mondialisation et emploi"

Paris, le 20 juin 2011

Dans le cadre de son Colloque annuel « Mondialisation et emploi », le Conseil d’Orientation pour l’Emploi a souhaité connaître la vision qu’ont les salariés français de la mondialisation mais aussi des politiques européennes et de leurs répercussions sur les entreprises, la croissance et les emplois. Dans cette optique, 1200 salariés d’entreprises privées ont été interrogés sur ces thèmes par voie électronique, du 21 avril au 4 mai 2011.

Voici les principaux enseignements de cette étude.


SUR LA PERCEPTION DE LA MONDIALISATION

Les salariés se partagent presque également face à la mondialisation de l’économie :

 ? 48% estiment que c’est une bonne chose,

 ? 52% que c’est une mauvaise chose.

 ? Les plus positifs sont les moins de 30 ans (60%), les cadres (63%) et les plus diplômés, les ouvriers étant plus négatifs.

 

Ces opinions partagées s’étagent selon deux logiques :

 ? sur les questions générales, les opinions positives l’emportent : 70% des salariés estiment que la mondialisation est une bonne chose pour la croissance des pays en développement, 60% pour les entreprises, 57% pour la place de l’Europe dans l’économie mondiale et 55% pour la croissance économique de l’Europe.

 ? sur les situations qui les touchent plus personnellement, les salariés deviennent plus sceptiques (seuls 30% considèrent que la mondialisation est une bonne chose pour les salariés et 29% pour les conditions de travail des salariés).

  

CONCERNANT LES IMPACTS DE LA MONDIALISATION SUR L’ENTREPRISE

Un salarié sur deux (51 %) déclare que son entreprise est concernée par la mondialisation. Parmi ces derniers :

 ? 45% ont le sentiment que leur entreprise est affectée plutôt positivement par la mondialisation

 ? contre 30% qui considèrent que cet impact est plutôt négatif

 ? un quart se positionnant de manière neutre.

 

Cette perception plus positive s’appuie sur le fait que :

 ? 64% d’entre eux déclarent que leur entreprise a conquis de nouveaux marchés grâce à la mondialisation,

 ? 59% estiment que de nouveaux produits ont été développés.

 ? En revanche, pour la moitié des salariés dont l’entreprise est concernée par la mondialisation, cette dernière a été synonyme de réduction de coûts, délocalisations ou abandon de certaines productions.

 

MONDIALISATION : DES CRAINTES POUR L’EMPLOI EN GENERAL, MAIS BEAUCOUP MOINS EN CE QUI CONCERNE SON PROPRE EMPLOI

Pour les salariés concernés qui déclarent que la mondialisation a des conséquences sur leur emploi, ces conséquences sont avant tout d’ordre financier  : 78% disent avoir vu la croissance de leur salaire ralentie. Si 74% des salariés ont le sentiment que les emplois en France sont menacés par la mondialisation, ces mêmes salariés craignent beaucoup moins pour leur propre emploi : 25% considèrent qu’ils risquent de le perdre en raison de la mondialisation, dont 8% seulement expriment une forte inquiétude.

 

I. LES MESURES PLEBISCITEES POUR LUTTER CONTRE LES EFFETS NEGATIFS DE LA MONDIALISATION SONT AVANT TOUT OFFENSIVES

Pour lutter contre les effets négatifs de la mondialisation, les salariés privilégient les attitudes offensives par rapport au repli sur soi. Le développement de nouvelles productions moins concurrencées par les producteurs étrangers recueille le pourcentage le plus élevé d’opinions positives : 80%. Viennent ensuite la mise en place d’un socle mondial de protection sociale (74% d’opinions positives), et les mesures au niveau européen d’harmonisation fiscale (77%) ou de convergence des politiques économiques (71%). La mise en œuvre de mesures protectionnistes, bien qu’approuvée par une majorité de salariés, n’arrive qu’en dernier, avec 61% d’opinions positives.

Néanmoins, les salariés français demeurent sceptiques sur le pouvoir des négociations internationales : 71% estiment que la France ne pèse pas assez en la matière, 70 % considèrent que le G20 a un pouvoir limité et 58% sont sceptiques sur l’influence de l’Europe.

  

II. ELARGISSEMENT EUROPEEN

L’entrée de nouveaux membres dans l’Union européenne au cours des années 2000 semble avoir eu, aux yeux des salariés, des conséquences plus néfastes que la mondialisation, et ce, à tous les niveaux : pour les entreprises, pour la croissance, pour les salariés et surtout pour les emplois en France.

 

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